Un traiteur ou un food truck peut démarrer en micro-entreprise, mais avec des plafonds 2026-2028 de 203 100 € en vente et 83 600 € en prestation de services, pas les 188 700 / 77 700 € encore cités. Pour un traiteur auto-entrepreneur, la nature de chaque recette, vente ou prestation, fixe le plafond, les cotisations et la TVA. Le cinquième seuil, celui des charges, dit quand la micro cesse d'être rentable.
Seuil n°1 : le plafond de chiffre d'affaires, 203 100 € ou 83 600 €
Le food truck vend à emporter : plafond vente. Le traiteur est souvent mixte. Plateaux livrés sans service : vente. Service à table, maître d'hôtel, location de vaisselle ou organisation complète d'un mariage : l'ensemble de la facture devient une prestation de services, plafonnée à 83 600 €.
En activité mixte, deux limites s'appliquent ensemble : 203 100 € au total, dont 83 600 € maximum de prestations. L'année de création, ils sont proratisés.
Seuil 2026 Traiteur (prestation avec service) Traiteur livré / food truck (vente) Plafond micro 83 600 € 203 100 € Cotisations sociales 21,2 % 12,3 % Versement libératoire 1,7 % 1 % Abattement fiscal 50 % 71 % Franchise de TVA (majorée) 37 500 € (41 250 €) 85 000 € (93 500 €) Code APE 56.21Z 56.21Z / 56.10CSeuil n°2 : les cotisations, 12,3 % ou 21,2 % du chiffre d'affaires
L'URSSAF prélève 12,3 % sur les ventes et 21,2 % sur les prestations BIC, plus la contribution à la formation professionnelle (0,3 % pour un artisan) et la taxe pour frais de chambre de métiers (0,48 %). Sur une facture de 3 000 € de buffet servi, vous payez 636 € de cotisations ; le même buffet livré sans service n'en coûte que 369 €. Le versement libératoire de l'impôt ajoute 1 % ou 1,7 %, sur option avant le 30 septembre pour l'année suivante.
Seuil n°3 : la franchise de TVA, 85 000 € ou 37 500 €
Sous ces seuils (article 293 B du CGI), pas de TVA facturée. Au-delà, elle s'applique au 1er janvier suivant ; au-delà des seuils majorés de 93 500 € et 41 250 €, dès le jour du dépassement. Taux du métier : 5,5 % pour les plats livrés ou emportés non consommés immédiatement, 10 % pour la consommation immédiate et la prestation avec service (article 279 m), 20 % pour l'alcool.
La TVA non récupérable ne vient pas de la micro-entreprise, mais de la franchise. Un micro-entrepreneur peut y renoncer : un food truck qui achète un camion de 60 000 € HT récupère alors 12 000 € de TVA.Seuil n°4 : à partir de quel niveau de charges la micro perd-elle face à la société ?
En micro, vous cotisez sur le chiffre d'affaires, charges comprises. Au réel, en entreprise individuelle ou en EURL, les cotisations de travailleur non salarié représentent 30 % du bénéfice, avec 1 500 à 2 500 € d'expert-comptable par an. Le point de bascule se situe vers 60 % de charges en vente et 40 % en prestation.
Exemple : un food truck à 80 000 € de chiffre d'affaires. Charges : 24 000 € de matières (food cost de 30 %), 16 000 € d'amortissement d'un camion de 80 000 € sur 5 ans, 16 000 € d'emplacements, gaz, carburant et assurance, soit 70 %. En micro, il paie 9 840 € de cotisations et garde 14 160 €, imposés sur 23 200 €. Au réel, il garde 15 400 €, imposés sur 15 400 € seulement.
Pour refaire ce calcul avec vos chiffres, le comparateur de statuts proposé par le site Création Entreprise France met côte à côte micro-entreprise, EI au réel, EURL et SASU.
Croissance rapide : deux années civiles consécutives au-dessus du plafond font basculer au réel le 1er janvier suivant, précise la fiche officielle sur les plafonds de la micro-entreprise.
Seuil n°5 : diplôme, hygiène et immatriculation, le seuil d'accès au métier
Activité artisanale, le métier de traiteur exige auprès de la CMA un CAP cuisine ou charcutier-traiteur, un titre équivalent ou 3 ans d'expérience prouvée. Les démarches, dans l'ordre :
Les erreurs qui font sauter un seuil
- Facturer un mariage servi comme une vente : redressement des cotisations à 21,2 % et plafond réel de 83 600 €.
- Cuisiner dans la cuisine familiale : la DDPP exige un laboratoire conforme au plan de maîtrise sanitaire.
- Utiliser une caisse non certifiée NF525 : 7 500 € d'amende par logiciel.
- Croire les achats déductibles : en micro, seul l'abattement de 71 % ou 50 % compte.